Saint-Vaast-la-Hougue et l'île Tatihou, l'excursion à ne pas manquer depuis Barfleur
À onze kilomètres au sud de Barfleur, une quinzaine de minutes en voiture, Saint-Vaast-la-Hougue n’a rien d’un simple village de bord de mer. Ce port du Val de Saire aligne trois atouts rares : une rade fermée par deux tours Vauban classées au patrimoine mondial, une île accessible à pied à marée basse et un port de pêche resté vivant. La journée se construit facilement depuis Barfleur, et c’est l’une des sorties que les habitants conseillent en premier aux visiteurs.
Une rade chargée d’histoire
Tout commence en 1692. Au large de Barfleur, la flotte française commandée par Tourville affronte les flottes anglaise et hollandaise. Battue, une partie des vaisseaux cherche refuge dans la rade de la Hougue ; surpris par la marée basse, une dizaine d’entre eux s’échouent et sont incendiés par les Anglais en juin 1692. L’épisode, lié à celui raconté dans l’histoire de Barfleur, laisse des épaves dans la grève et pousse Louis XIV à faire fortifier la rade.
Deux tours Vauban pour verrouiller la rade
Après le désastre, Vauban conçoit un plan de défense de la rade, et son ingénieur Benjamin de Combes bâtit entre 1694 et 1699 deux tours jumelles : la tour de la Hougue, posée sur l’îlot qui ferme le port, et celle de l’île Tatihou, en face. Leur silhouette massive, un fût de pierre surmonté d’un dôme, surveille depuis trois siècles le mouillage où les navires attendent la marée.
Les deux tours font partie des douze ensembles des fortifications de Vauban inscrits en 2008 au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est le seul site classé du Val de Saire, et la raison principale d’une halte à Saint-Vaast.
Tatihou, l’île aux trésors de la rade
À 1 400 mètres du rivage, l’île Tatihou s’étend sur 29 hectares confiés au Conservatoire du littoral. Elle se mérite : selon la marée, on y accède à pied lors des grandes marées, en suivant la grève par un passage qui serpente entre les rochers et les parcs à huîtres, ou à bord du bateau amphibie Tatihou III quand l’eau recouvre le passage.
Sur l’île, le fort Vauban abrite un riche passé : un lazaret ouvert au XVIIIe siècle après la peste de Marseille, puis une station maritime du Muséum national d’histoire naturelle restée active jusqu’en 1923. Depuis 1992, le musée maritime de l’île Tatihou raconte l’histoire du site à travers les vestiges des vaisseaux brûlés en 1692, exhumés des grèves, et des collections consacrées à la pêche et à la construction navale dans le Cotentin. Les jardins qui entourent les bâtiments méritent la promenade, avec leur végétation façonnée par le vent et les embruns.
Prévoyez deux à trois heures sur place, et vérifiez les horaires de marée avant de partir : le passage se referme plus vite qu’on ne le croit, et le bateau amphibie n’attend pas les indécis. Septembre est un bon compromis : l’île est plus calme qu’en juillet et août, et les grandes marées d’équinoxe permettent souvent la traversée à pied.
Un port vivant, un village primé
De retour sur la terre ferme, Saint-Vaast réserve sa deuxième partie. Le port reste un port de pêche actif, doublé d’une petite plaisance, et la rade entière vit de l’ostréiculture : à marée basse, les parcs à huîtres s’étendent à perte de vue entre la côte et Tatihou. Le village, élu Village préféré des Français en 2019, se visite à pied en une heure : quais, ruelles de granit et promenade de la digue donnent sur la rade, jusqu’au phare qui signale l’entrée du port.
La promenade la plus simple part du port et longe la digue : à marée haute, on y regarde rentrer les bateaux de pêche ; à marée basse, la rade se vide et découvre les parcs à huîtres alignés entre la côte et Tatihou. Le quartier du port concentre les cafés et les tables de fruits de mer, sans que le village n’ait rien d’un piège à touristes : en basse saison, Saint-Vaast retrouve son rythme de bourg côtier. C’est aussi un bon point de chute pour un déjeuner face au port, avec les huîtres de la rade en tête de carte, avant de rentrer à Barfleur par la route côtière.
Organiser la journée depuis Barfleur
Le matin, prenez la route vers Saint-Vaast-la-Hougue (11 km, une quinzaine de minutes). Consultez d’abord le calendrier des marées : si le coefficient est élevé, la traversée à pied vers Tatihou est possible à marée basse, une expérience en soi. Sinon, le bateau amphibie assure la liaison au départ du port. L’après-midi se passe sur l’île ou dans le village, selon l’heure de la marée.
Les marcheurs peuvent prolonger la boucle en rejoignant le sentier des douaniers, le GR 223, qui file vers le nord le long de la côte ; les balades et plages autour de Barfleur donnent les repères pour la suite de l’itinéraire.
Saint-Vaast-la-Hougue complète Barfleur sans la concurrencer : deux ports, deux ambiances, la même rade au programme. La combinaison des deux fait un séjour réussi dans le Val de Saire.
En images
Photos